Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 05:55

Je ris toute seule !   j'entends partout la beauté ce n'est pas important , ça ne compte pas , ce qu'il faut voir c'est la beauté intérieure !!! Alors comment ce fait-il que vous ayez tous et toutes fait le nez sur la photo de cette innocente courtilière qui ne vous a jamais rien dit , ni causé le moindre ennui ... Vous êtes toutes des sacrées chipies !!!

 

P1470441.JPG 

 

J'ai oublié de vous  dire , cette courtilière si vilaine a un chant à rendre jalouses les sirènes !!! 

 

 

 

A présent un magnifique poème d'Hugo : " Le Crapaud "

Depuis mon enfance ce poème m'émeut aux larmes tant par sa beauté que par sa générosité ; il est un peu long , je vous l'accorde ...si vous n'avez pas le temps de le lire aujourd'hui , revenez demain l'apprécier à tête reposée ; il est superbe mais sans doute beaucoup le connaissent déjà !

Au passage je dénonce la torture physique et morale  , tant pour l'homme que pour l'animal ! La torture : ultime bassesse , exécrable lâcheté , la honte de l'humanité  ; pire que le crime !

Je dénonce la torture quotidienne , le chantage à la peur , les humiliations , tous les coups tordus et vicelards qui pourrissent l'existence !

 

 

 

                                §§§§§§§§§§§§ 

 

                                                     

Que savons-nous ? Qui donc connaît le fond des choses ?

Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;

C'était la fin du jour d'orage , et l'occident

Changeait l'ondée en flamme en son brasier ardent ;

Près d'une ornière , au bord d'une flaque de pluie ,

Un crapaud regardait , bête éblouie ;

Grave , il songeait ; l'horreur contemplait la splendeur .

(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?

Hélas ! le bas-empire est couvert d'Augustules ,

Les Césars de forfaits , les crapauds de pustules ,

Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)

Les feuilles s'empourpraient dans les arbres vermeils ;

L'eau miroitait , mêlée à l'herbe , dans l'ornière ;

Le soir se déployait ainsi qu'une bannière ;

L'oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;

Tout s'apaisait , dans l'air , sur l'onde ; et , plein d'oubli ,

Le crapaud , sans effroi , sans honte , sans colère ,

Doux , regardait la grande auréole solaire ;

Peut-être le maudit se sentait-il béni ,

Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini ;

Pas de prunelle abjecte et vile qui ne touche

L'éclair d'en haut , parfois tendre et parfois farouche ;

Pas de monstre chétif , louche , impur , chassieux ,

Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux .

Un homme qui passait vit la bête hideuse ,

Et , frémissant , lui mit son talon sur la tête ;

C'était un prêtre ayant un livre qu'il lisait ;

Puis une femme , avec une fleur au corset ,

Vint et lui creva l'oeil du bout de son ombrelle ;

Et le prêtre était vieux , et la femme était belle .

Vinrent quatre écoliers , sereins comme le ciel .

- J'étais enfant , j'étais petit , j'étais cruel ; -

Tout homme sur la terre , où l'âme erre asservie ,

Peut commencer ainsi le récit de sa vie .

On a le jeu , l'ivresse et l'aube dans les yeux ,

On a sa mère , on est des écoliers joyeux ,

De petits hommes gais , respirant l'atmosphère

A pleins poumons , aimés , libres , contents ; que faire

Sinon de torturer quelque être malheureux ?

Le crapaud se traînait au fond du chemin creux .

C'était l'heure où des champs les profondeurs s'azurent ;

Fauve , il cherchait la nuit ; les enfants l'aperçurent

Et crièrent : " Tuons ce vilain animal ,

Et , puisqu'il est si laid , faisons-lui bien du mal !"

Et chacun d'eux , riant - l'enfant rit quand il tue -

Se mit à le piquer d'une branche pointue ,

Elargissant le trou de l'oeil crevé , blessant

Les blessures , ravis , applaudis du passant ;

Car les passants riaient ; et l'ombre sépulcrale

Couvrait ce noir martyr qui n'a pas même un râle ,

Et le sang , sang affreux , de toutes parts coulait

Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid ; 

Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;

Un enfant le frappait d'une pelle ébréchée ;

Et chaque coup faisait écumer ce proscrit

Qui , même quand le jour sur sa tête sourit ,

Même sous le grand ciel , rampe au fond d'une cave ;

Et les enfants disaient : " Est-il méchant ! Il bave !"

Son front saignait ; son oeil pendait ; dans le genêt

Et la ronce , effroyable à voir , il cheminait ;

On eût dit qu'il sortait de quelque affreuse serre ;

Oh ! la sombre action , empirer la misère !

Ajouter de l'horreur à la difformité !

Disloqué , de cailloux en cailloux cahoté ,

Il respirait toujours ; sans abri , sans asile ,

Il rampait ; on eût dit que la mort , difficile ,

Le trouvait si hideux qu'elle le refusait ;

Les enfants le voulaient saisir dans un lacet ,

Mais il leur échappa , glissant le long des haies ;

L'ornière était béante , il y traîna ses plaies

Et s'y plongea sanglant , brisé , le crâne ouvert ,

Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert ,

Lavant la cruauté de l'homme en cette boue ;

Et les enfants , avec le printemps sur la joue .

Blonds , charmants , ne s'étaient jamais tant divertis .

Tous parlaient à la fois , et les grands aux petits

Criaient : " Viens voir ! dis donc , Adolphe , dis donc , Pierre

Allons pour l'achever prendre une grosse pierre !"

Tous ensemble , sur l'être au hasard exécré ,

Ils fixaient leurs regards , et le désespèré

Regardait s'incliner sur lui ces fronts horribles .

- Hélas ! ayons des buts , mais n'ayons pas de cibles ;

Quand nous visons un point de l'horizon humain ,

Ayons la vie , et non la mort , dans notre main . -

Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;

C'était de la fureur et c'était de l'extase ;

Un des enfants revînt , apportant un pavé ,

Pesant , mais pour le mal aisément soulevé ,

Et dit : " Nous allons voir comment cela va faire .-

Or , en ce même instant , juste à ce point de terre ,

Le hasard amenait un chariot très lourd

Traîné par un vieux âne écloppé , maigre et sourd ;

Cet âne harassé , boîteux et lamentable ,

Après un jour de marche approchait de l'étable ;

Il roulait la charrette et portait un panier ;

Chaque pas qu'il faisait semblait l'avant-dernier ;

Cette bête marchait , battue , exténuée ;

Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée ;

Il avait dans ses yeux voilés d'une vapeur

Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;

Et l'ornière était creuse , et si pleine de boue

Et d'un versant si dur , que chaque tour de roue

Etait comme un lugubre et rauque arrachement ;

Et l'âne allait geignant et l'ânier blasphémant ;

La route descendait et poussait la bourrique ;

L'âne songeait , passif , sous le fouet , sous la trique ,

Dans une profondeur où l'homme ne va pas .

 

Les enfants , entendant cette roue et ce pas ,

Se tournèrent bruyants et virent la charrette :

-" Ne mets pas le pavé sur le crapaud . Arrête !"

Crièrent-ils . " Vois-tu , la voiture descend

Et va passer dessus , c'est bien plus amusant .

"Tous regardaient . Soudain , avançant dans l'ornière

Où le monstre attendait sa torture dernière ,

L'âne vit le crapaud , et , triste , - hélas ! penché

Sur un plus triste - lourd , rompu , morne , écorché ,

Il sembla le flairer avec sa tête basse ;

Ce forçat , ce damné , ce patient , fit grâce ;

Il rassembla sa force éteinte , et , roidissant

Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang , 

Résistant à l'ânier qui lui criait : Avance !

Maîtrisant du fardeau l'affreuse connivence ,

Avec sa lassitude acceptant le combat ,

Tirant le chariot et soulevant le bât ,

Hagard , il détourna la roue inexorable ,

Laissant derrière lui vivre ce misérable ;

Puis , sous un coup de fouet , il reprit son chemin .

Alors , lâchant la pierre échappée à sa main ,

Un des enfants - celui qui conte l'histoire -

Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire ,

Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !

Bonté de l'idiot ! diamant du charbon !

Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !

Les célestes n'ont rien de plus que les funèbres

Si les funèbres , groupe aveugle et châtié ,

Songent , et , n'ayant pas la joie , ont la pitié .

O spectacle sacré ! l'ombre secourant l'ombre ,

L'âme obscure venant en aide à l'âme sombre ,

Le stupide , attendri , sur l'affreux se penchant ,

Le damné bon faisant rêver l'élu méchant !

L'animal avançant lorsque l'homme recule !

Dans la sérénité pâle du crépuscule ,

La brute par moments pense et sent qu'elle est soeur

De la mystérieuse et profonde douceur ;

Il suffit qu'un éclair de grâce brille en elle

Pour qu'elle soit égale à l'étoile éternelle ;

Le baudet qui , rentrant le soir , surchargé , las ,

Mourant , sentant saigner ses pauvres sabots plats ,

Fait quelques pas de plus , s'écarte et se dérange

Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange ,

Cet âne abject , souillé , meurtri sous le bâton ,

Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon .

Tu cherches , philosophe ? O penseur , tu médites ?

Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?

Crois , pleure , abîme-toi dans l'insondable amour !

Quiconque est bon habite un coin du ciel . O sage ,

La bonté , qui du monde éclaire le visage ,

La bonté , ce regard du matin ingénu ,

La bonté , pur rayon qui chauffe l'inconnu ,

Instinct qui , dans la nuit et dans la souffrance , aime ,

Est le trait d'union ineffable et suprême

Qui joint , dans l'ombre , hélas ! si lugubre souvent ,

Le grand ignorant , l'âne , à Dieu le grand savant .

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

biba 27/05/2011 00:42



bonsoir ma joli léo parano,je ne connaissais pas du tout ce poéme,je le découvre pour la premiére fois,au fait je l'ai lu deux fois!!que dire?encore une fois, Hugo a su décrire la nature humaine!
la beauté,la laideur!tout le monde voudrait etre beau et bien de sa personne,mais ce sont là des choses qui nous dépassent,comme on ne peut pas choisir ces parents,on peut pas aussi choisir son
apparence,tu as raison ma douce reine des nomades,quand on voit une personne ou bien un animal ou bien meme une chose,c'est toujours l'apparence qui nous attire en premier,comme on dit la
premiere inpression,et elle se fait par les yeux,aprés bien la beauté interieur,c''est vrai aussi que parfois,la personne est tellement belle mais tellement cruelle et mauvaise qu'elle perd toute
sa beauté exterieur,y'a des personnes qui sont laides mais tellement douce et généreuses qu'elles semblent les plus belles du monde...je ne comprends jamais les personnes qui jugent aux
physique,sous pretexte que je ne suis belle cela veut dire que je suis inateressante et ennyeuse,au risque de me repeter c'est pas nous qui choisissons notre apparence et c'est tant mieux
ainsi...


bravo pour tes deux livre mon beau poussin terroriste,j'aimerais beaucoup les lire un jour,je suis déja fan!contrairement a toi,ce que j'ecris est tout a fait imaginaire,j'invente et j'improvise
au fur et a mesure,parcontre ce que t'ecris est tellement vrai,c'est la réalité et je ne pourrais jamais égaler ta maniere d'ecrire,ce que j'ecris parait si enfantin devant des chef
d'eouvre!!j'ai terminé mon premier roman de 375 pages et j'essaye d'entamer le deuxieme,mais je n'ai pas vraiment le temps,peut etre quand j'irai a la compagne,,,maman va un peu mieux,elle
continue toujours a me faire des remarques sur le ménage et tout le tralala mais elle sourit plus souvent ces deux derniers jours,je dirai ça va,quand a Razane c'était prevu qu'elle vienne
aujourd'hui mais elle n'est pas venue et je me demande bien pourquoi!si non elle grandit et ses bêtises avec elle...


As tu vu aurélien cet aprés miDI?j'espere qu'en escaladant y'a des cordes qui te tiennent sinon je te crirai d'ici tu es aussi folle que lui,y'a pas un pour rattraper l'autre,je traverserai cette
mer a la nage s'il le faut pour te tirer l'oreille, gros bisous a vous tous que j'aime,j'adore ce poéme



apsara 27/05/2011 08:33



Bonjour princesse des mille et une nuits!j'aimerais lire ce que tu écris;l'imaginaire quel ample et passionnant sujet!pourquoi nous réfugions nous toutes dans l'imaginaire;un important manque
debeauté,de rêves;la socièté nous bouffe l'esprit avec son matériel et son bruit!N'as-tu pas remarqué que dans les contes les bruits sont inexistants ou très légers quand il s'agit de personnes
positives ils sont extrêmement bruyants lorsqu'on a affaire à des ogres,des démons etc...Le bruit est pour moi l'ennemi public N°1:ssource de nos angoisses,fatigues , délires,maladies ...bon là
je suis partie!!!j'arrête de te casser les pieds avec mes délires maniaco-dépressifs!!


hier j'étais avec aurélien,j'ai escaladé une falaise toute seule,il semblait satisfait de mon boulot!oui je suis aussi cinglée que lui,sinon plus!!!aujourd'hui peut-être que...sinon lundi...trop
loin!


avec dorian ça peut aller,enfin,presque!!il me colle un peu c'est cela qui est ch...avec les gars,pas moyen de respirer!!!


j'espère qu'il va pleuvoir,le temps est tout gris!


bon vendredi ma belle


beezoo à ta maman,le diablotin


tu ne me parles jamais de la gente mâle de ta famille!!!ça veut tout dire!!!des machos!!!comme nous deux!!!


beezoo ma belle,je t'embrasse très fort et t'envoie deux beezoo rital de dorian,mais pas plus!


bon vendredi ma belle



♪ ♬♪.-**-._ⓇⓄⓈⒾⒶ_.-**-.♪ ♬♪ 26/05/2011 13:02



Un coucou rapide ce jour-----pour te souhaiter une bon Jeudi


Bisous---------






apsara 26/05/2011 13:40



belle journée chère rosia;j'attends la pluie avec impatience


beezoo



Présentation

  • : Le blog de Asiamour
  • : Pensées à la dérive Amoureuse inconditionnelle de la planète
  • Contact

MES CONVICTIONS

" Tout ce qui n'est pas donné est perdu ." proverbe indien

" Les mots sont les passants mystérieux de l'âme ." V.Hugo

" J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de

  l'indifférence ." A.France

" La liberté c'est s'oublier ." Apsara

" Le premier amour est toujours le dernier ." T.Ben Jelloun

" L'idéal est un oeil que la science crève ." V. Hugo

" Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ." 

                                        Rabelais

" Les souffrances extrêmes ont les intuitions infaillibles de

   l'instinct ." P. Bourget

" J'aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes

   forces....il y aura toujours un chien perdu quelque part

   qui m'empêchera d'être heureuse ." J. Anouilh ( La

   sauvage )

" Je souffre donc je suis ." Apsara

Recherche